dimanche 5 octobre 2014
Grenouillon
A côté de la pierre
Il y a une grenouille
Qui est un papillon
Moi je ne les vois pas
Ni la grenouille,
Ni le papillon
C'est elle qui me dit sur le fil
Je sens ses pas sur l'herbe
Dans le souffle différent
J'imagine la grenouille, puis le papillon
« Noir, ourlé de blanc »
Dit-elle dans un sourire
Que j'entends clairement
Au fond des mots dansant
A la faux dans les sons
Une grenouille papillon
dimanche 2 mars 2014
Grove cottage
Ce serait le moment
Rêvé pour le poème
Mais il n'arrive pas
Eux sont partis
S'étendre vers demain
Il n'y a que le salon
Toujours aujourd'hui
Et bruissant de silence
Rêvé pour le poème
Mais il n'arrive pas
Eux sont partis
S'étendre vers demain
Il n'y a que le salon
Toujours aujourd'hui
Et bruissant de silence
vendredi 31 janvier 2014
Ancre rouge
Du rouge plein les doigts
Et ce n'est pas mon sang
Juste la piqûre du taon
Une petite correction
Une tache
Dont il n'y a pas à rougir
Mon enseigne
Quelques traces
Comme des mouches sur la peau
Plus vaste territoire.
-
Une tache ironique
Sans douleur
A peine un picotement
Pour les vaisseaux accidentés
Qui cognaient les jours
Il n'y a pas si longtemps.
Depuis que la peau
Est retrouvée
Qu'il y reste encore des hectares
A tacher
A chevaucher, à crue
Comme un fleuve ou une dame
La danse passe me prendre
Elle m'envoie glisser
-
Seule
Une chartreuse
Sincère libation
Portée contre le plafond
Pour réveiller la gorge
"Viens,
viens, c'est là
Encore et à nouveau
Viens,
viens voir le printemps
Aux jardins de janvier"
Faire coasser le bois
A mesure que les pieds
Se souviennent :
Il savent marcher au futur
Et conjuguer l'avant
-
S'accrocher à la lampe
et y tourner
Comme si
Comme si c'était.
Jusqu'à
Ce que ce soit.
Pour de vrai.
Et ce n'est pas mon sang
Juste la piqûre du taon
Une petite correction
Une tache
Dont il n'y a pas à rougir
Mon enseigne
Quelques traces
Comme des mouches sur la peau
Plus vaste territoire.
-
Une tache ironique
Sans douleur
A peine un picotement
Pour les vaisseaux accidentés
Qui cognaient les jours
Il n'y a pas si longtemps.
Depuis que la peau
Est retrouvée
Qu'il y reste encore des hectares
A tacher
A chevaucher, à crue
Comme un fleuve ou une dame
La danse passe me prendre
Elle m'envoie glisser
-
Seule
Une chartreuse
Sincère libation
Portée contre le plafond
Pour réveiller la gorge
"Viens,
viens, c'est là
Encore et à nouveau
Viens,
viens voir le printemps
Aux jardins de janvier"
Faire coasser le bois
A mesure que les pieds
Se souviennent :
Il savent marcher au futur
Et conjuguer l'avant
-
S'accrocher à la lampe
et y tourner
Comme si
Comme si c'était.
Jusqu'à
Ce que ce soit.
Pour de vrai.
Double peine
Alors, la double peine
Un regard de la glace
Leur absence et la tienne
Leur avance et mes scènes
Au moins, la double peine
Etre une triple buse
Et dans le quatuor
N'être que le larsen
Vous en veux,
Envie
Des demis, des oublis
Du silence de vos coeurs
Trop occupés ailleurs
Vous en vois
Ravis
Comme enlevés à moi
Elevés au septième
J'ai le pied au plancher
Et l'âme souterraine
Tu sais la double peine
Vous souffler de l'hélium
N'en garder que la voix
Ridicule a-sirène
Oui, cette double peine
Petites peurs mutines
Qui en rages pérennes
Mues les confiances anciennes
Vous souris
Assourdie
Mais sincerement émue
De vos changement de peau
De vos nouveaux mots doux
Vous évite
Evidée
De prendre le soufflet
De vos joies outrageuses
Et de vos fins heureuses.
jeudi 19 septembre 2013
D'essence #4 - Boutons
Ce sont des détonateurs
Là,
Sur la peau.
Ce sont des gâchettes
Si courtes
Dans la détente
Et quand ils bourgeonnent
Les boutons
Rouges
Au bord de la guerre
Et que la main tremble d'y appuyer
Je sais que j'ai quinze fois
De quoi me faire bondir
Et de quoi imploser
Il suffit de les effleurer, tu sais,
Pour se faire peur
Et d'appuyer à peine
Sur les coutures
Là où ça peut souffrir
Et d'appuyer à peine
Sur les censures
Là où ça peut s'ouvrir
Tout le printemps
A même la peau
Qui menace d'exploser
De fleurir en rosaces
Qui sait, de nous tuer...
Tout le printemps
Les haillons de l'hiver
Le supporteront-ils ?
Alors qu'on y accroche sans cesse
Des fils bleus
Comme dans les doigts blessés
Une nuit de faïence
Il suffit de les écorcher, tu sais,
Avec l'ongle
Et de couper les fils bleus et rouges
Ou de les mélanger.
Quinze fois de quoi s'imploser.
Mais j'entends Baal,
Qui prend ma gorge, sans consentement,
Répète
"J'aimerais entendre l'explosion"
Se moquer des boutons et des grillages
Faire des révolutions
Sans même se retourner
Toupir sur les parquets
Dormir sous les pavés
Quinze fois de quoi imploser
mardi 25 juin 2013
D'essence #3 - Dorsales
Quand les plaques
s'entrechoquent
au sous-sol
Quand les continents de la chair
dérivent
se fracassent
Et que tout est pressé
De la langue
aux nageoires
et que naissent les crêtes
sous la pulpe des doigts
Il faut bien des vertèbres
pour tenir
dressés
Dans l'instant qui surgit
Vertical et sincère
s'entrechoquent
au sous-sol
Quand les continents de la chair
dérivent
se fracassent
Et que tout est pressé
De la langue
aux nageoires
et que naissent les crêtes
sous la pulpe des doigts
Il faut bien des vertèbres
pour tenir
dressés
Dans l'instant qui surgit
Vertical et sincère
jeudi 20 juin 2013
D'essence #2 - La piôse
Il y a des nuages si bas
Qu'ils font comme un mobile
Accroché à un fil
Pour arriver plus tard.
L'odeur du lit
De fin d'après-midi
Froissé de la sieste
Le calme
Des tissus doux
Et vaporeux
Collés contre l'empreinte
Qui invite au silence
Intimé par l'ange ;
Mettre le secret
A l'index
Tout tourne au dessus
Des enfants de berceau
Et tout concorde
Les nuages sont si bas
Que je pourrais monter
Contre une échelle de bois
Mettre des pinces à linge
Laisser sécher au soleil
La pluie qui refuge
Dans les tissus
Mais il y aurait le risque
De les voir se flétrir
Accrochés par la peau du cou
De les voir lutter
Contre le vent allié
Et fondre
Triste
Sans s'être penché
Pour le baiser.
Qu'ils font comme un mobile
Accroché à un fil
Pour arriver plus tard.
L'odeur du lit
De fin d'après-midi
Froissé de la sieste
Le calme
Des tissus doux
Et vaporeux
Collés contre l'empreinte
Qui invite au silence
Intimé par l'ange ;
Mettre le secret
A l'index
Tout tourne au dessus
Des enfants de berceau
Et tout concorde
Les nuages sont si bas
Que je pourrais monter
Contre une échelle de bois
Mettre des pinces à linge
Laisser sécher au soleil
La pluie qui refuge
Dans les tissus
Mais il y aurait le risque
De les voir se flétrir
Accrochés par la peau du cou
De les voir lutter
Contre le vent allié
Et fondre
Triste
Sans s'être penché
Pour le baiser.
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