Ce n'est pas cela qui fait la soirée, qui réchauffe la cuisine, qui permet de détendre tous les muscles et les nerfs - éprouvés ces derniers temps. Ce n'est pas cela qui alimente les conversations, qui instaure la confiance qui permet l'abandon total dans le canapé. Pas cela qui nous lie quand on discute dans la voiture, la chambre, le grenier, la cuisine. Pas cela qui donne à lire les derniers textes en cours, et de quoi cogiter. Non, ce n'est pas cela qui donne au week-end l'apaisement dont on avait tant besoin. Mais quand même, les fins de semaine sont comme les fondues : meilleures avec du Savagnin.
dimanche 12 février 2017
dimanche 5 février 2017
Légendes : 17 - Saumure
On raconte qu'il faut se coller, tout contre le fragment du mur, avant de plonger. Et puis, sortir de l'eau, en lapant le sel de la peau. Ça préserve, paraît-il.
#123 - Une bribe des rires à venir
Il a fallu partir, encore une fois, dans la nuit. Prendre d'autres clés. Un drap, un livre, un duvet de douceur. Il a fallu demander, une fois encore. Et c'est dur à chaque fois, demander si, voir comment, s'excuser de, mais là vraiment.
Devant la molette qui résiste et les heures qui filent, c'est l'abattement. La grande fatigue. Au moment du renoncement, juste, elle donne un autre code. A un chiffre d'écart, vers minuit moins le quart, c'était l'orage ou l'accalmie.
Du fond de la fatigue, je pense, sous le duvet, qu'on en rira un jour. Qu'on balaiera en un éclat les voix qui grattent, les cris qui heurtent, l'intranquilité, la crainte. Qu'on re-tissera les nerfs craqués, qu'on recollera les plombs pétés, qu'on reprisera les tympans craquelés.
Je pense à la confiance et au refuge à retrouver, aux rires qui viendront avec les cartons.
Légendes : 16 - Ramures
On raconte que la pierre des maisons lui fait comme un corset, à contenir les neurones et les bras. Alors, en construisant la sienne, elle aurait omis les vitres, volontairement. Histoire de laisser passer les branches amies et les ramures de rêves.
mardi 31 janvier 2017
Légendes : 15 - Armure ?
Par les temps qui courent, on parle beaucoup de murs, tout autour. On les effleure, on s'y heurte, on s'y appuie. A venir donc une série de Légendes mur-murées.
*
On raconte que les murs qui l'entourent sont ridiculement bas. "C'est à peine une protection, se dit-on. On peut presque les enjamber."
Se dit-on.
En passant l'un et l'autre, et le troisième.
Mais ils s'étendent à perte de vue. Et les genoux vieillissent toujours trop vite.
vendredi 20 janvier 2017
#122 - Une bribe de foyer
Se hâter de rejoindre l'âtre, bossuer le dos sous la voûte, s'affaler contre la pierre dans le secret des grottes, esquisser un pas de danse sur les grincements du parquet, se tenir les mains au murs, contracter les pieds sur les carreaux glacés, s'asseoir en tailleur sur le stratifié, se chauffer les mains près du four ou de la cheminée, imprimer son odeur sur la couverture du canapé, laisser les doigts rouillés sur les touches du 'cordéon, faire brûler du papier d'Arménie dans des coupelles.
C'était si simple d'être chez soi.
Et maintenant, il faut réapprendre l'insouciance des gestes, reconquérir tous les coins.
Faire flamber les peurs et nerfs usés, rallumer le foyer éteint.
#121 - Une bribe de noms d'oiseau
Il y a cette histoire dans laquelle tous les personnages ont des noms d'oiseaux, de bêtes. Des noms à plumes, à poils, des couvertures pudiques pour quelques mises à nu. On frôle les axillaires et les pectoraux sous les amples frissons qui fragilisent et élèvent ces tendres moineaux.
Et les noms d'oiseaux volent, sans vulgarité.
Et les noms d'oiseaux volent, sans vulgarité.
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